Manoir de Saint-Ouen près Paris

Centre du duché et ancien siège de l'Ordre des chevaliers de la Noble Maison de Saint-Ouen et de l'Etoile
 
AccueilFAQRechercherS'enregistrerConnexion

Partagez | 
 

 Salle de travail ? C'est pour travailler ?

Aller en bas 
AuteurMessage
Perrinne

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 22/10/2012

MessageSujet: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   Mar 23 Oct - 21:08

Silencieuse, elle avait suivi le duc, ne relevant pas ni les perches ni les taquineries, plutot curieuse d'entrer, de découvrir.
Sitot pénétrée la piece, à la suite de son hote, elle s'arreta, admirative.


On m'en avait parlé...

Ses yeux buvaient littéralement. Ils buvaient les tapisseries. Ces preux, ces preuses... Elle se souvenait des lectures faites sur le sujet, plus particulièrement dans le journal de sa Belle mère, pour ce pas d'armes organisé par ses soins à ... mais oui ! était-elle bete ! C'était à Marchiennes, mais elle était alors encore trop jeune pour y assister. Sans meme plus se préoccuper du chevalier elle s'approcha de la premiere, étudiant le geste, les couleurs, les armes ... modernes ces armes, voir meme...
Ainsi plongée dans ses découvertes, elle passa en revue chaque tapisserie, les unes après les autres. Les minutes passèrent, lentement.
Le flamand aurait pu sortir, piquer un sprint, revenir, elle n'en aurait meme pas eu cure. Le paradis ? presque.

Le bruit d'un objet tombant au sol rompit le silence déferent, la faisant sursauter. Mince, au temps pour les bonnes manières. Revenant aux réalités bien plus concretes, elle se tourna vers le barbu. Rha ces barbes !
Serrant légèrement les poings pour se reprendre, elle revint auprès de son hote.


Voilà une belle salle pour oeuvrer. Votre nouvel antre ? Faut il craindre de trouver ici autre chose que plumes et parchemin ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Guillaume_de_Jeneffe
Duc de Saint-Ouen
avatar

Nombre de messages : 186
Date d'inscription : 12/04/2008

MessageSujet: Re: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   Mar 23 Oct - 23:19

Quel était donc, en effet, ce fameux objet qui avait fait l’expérience de la gravité ? Et pourquoi l’avait-il fait ? Était-ce volontaire ou avait-il été aidé ? Autant de questions que se poserait le lecteur intrigué. Et auquel, dans mon incommensurable bonté, je vais m’empresser de répondre. Tout d’abord, observons que le duc n’y était, cette fois, pour rien, même si les circonstances l’arrangèrent. Pourtant, à le voir faire rouler dans ses mains une petite bille de plomb, on aurait pu s’y attendre. Mais non. Ce n’était pas non plus le fait de son invitée qui, si elle se promenait dans la salle comme en terrain conquis, ne portait pas une ample robe qui aurait pu s’accrocher mille fois à mille objets petits et grands dépassant de-ci de-là.

Non, ce qui était tombé n’était rien de plus qu’un des morceaux du parement interne de la cheminée qui avait choisi de se désolidariser de ses « proches » et de projeter au passage un beau petit nuage de suie. Guillaume eut à peine le temps d’y jeter un œil que déjà Perrinne revenait à lui.


- Jeune fille, il n’y a rien ici que vous ayez à craindre. Quant à cette salle, vous n’y trouverez que des choses des plus sérieuses. Chroniques, poésies, romans, armoriaux, minutes et formulaires. Je gage que même l’Inquisition ne trouverait rien ici qui m’amènerait sur le bûcher. Mais je vous remercie de vos compliments quant à la décoration de cette pièce. Les boissons devraient arriver dans quelques instants, aussi pouvons-nous dès à présent nous mettre à l’ouvrage.

Ce disant, il alla dégager une chaise pour la présenter à la héraut d’armes

« Vous m’avez en effet dit récemment vouloir me poser plusieurs questions, comptant visiblement sur mon âge pour me permettre d’y répondre. Dites-moi donc tout ce que vous attendez de moi et je ferai de mon mieux pour ne vous point décevoir ».

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Perrinne

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 22/10/2012

MessageSujet: Re: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   Mer 24 Oct - 16:08

Mince, ca s'annoncait bien sérieux comme entrevue... allons donc. Sérieux, elle savait faire, un peu trop meme. Mais c'était du coup bien moins excitant et rigolo.
Elle obtempéra néanmoins et vint sagement prendre place sur le siege qu'il lui avait avancé, démontrant une fois encore qu'il maniait aussi bien ironie que galanterie et qu'il ne fallait qu'une tournure ou un ton pour passer de l'un a l'autre. Cette expérience qu'il mettait là en avant démontrait justement que la partie serait serrée et qu'il avait plus d'un tour dans son sac. Pour peu, elle se serait cru face à son formateur.


Merci Chevalier que de me proposer si habilement de partager votre longue expérience des choses. Il est vrai qu'en l'occurrence votre assistance sera la bienvenue. Quant à me décevoir...

Elle s'interrompit un instant, parcourant la piece, son hote du regard.

... si la rumeur dit vrai, il y a peu de chances.

Elle prit un plume sur la table voisine, la laissa courir pensivement le long de sa joue, sur ses levres, tandis qu'elle réfléchissait et organisait ses idées. Une moue passant de temps à autre sur ses levres, un froncement de sourcil l'accompagnant parfois.

J'ai besoin de conseil. Pour mon Ordre, pour moi. Et la récente situation de Lanfeust de Troy risque d'autant plus de rendre les choses plus délicates encore.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Guillaume_de_Jeneffe
Duc de Saint-Ouen
avatar

Nombre de messages : 186
Date d'inscription : 12/04/2008

MessageSujet: Re: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   Mer 24 Oct - 19:49

Il eut besoin de tout son entraînement pour éviter de trahir sur son regard certaines des pensées qui lui vinrent à l'esprit lorsqu'elle parla de son expérience. Avec d'autres qu'elles, certaines même peuplant Saint-Antoine, il n'aurait guère eu de doute quant à ce qui était ainsi évoqué et sur la suite des évènements. Mais avec la Gisors... Elle était jeune encore, et... la fille de deux chevaliers de sa génération. Décidément, était-il si vieux ? Arf, oui, en effet... Peste !

Accueillant les remarques comme si elles avaient été formulées au premier degré, il se contenta donc d'un léger hochement de tête, car visiblement la Normande avait autre chose sur le cœur. Peut-être, pensa-t-il, serait-ce là l'indication de la façon dont il fallait entendre ces paroles. Et peut-être saurait-il ce qu'elle voulait effectivement de lui. Et cela ne manqua pas, elle revint à des questionnements absolument sérieux. Il avait donc dû se tromper, ce qui dans un certain sens le rassurait, la Gisors n'était pas une de ces agitées de la cuisse comme on en croise si souvent, mais dans un autre le décevait quelque peu, était-il donc désormais si repoussant ?

Toutefois, plutôt que de gagner une place plus commode pour poursuivre la discussion, il resta à côté de cette chaise, surplombant la Blondine de ses six pieds de haut, en profitant pour accrocher son regard et tenter de le sonder.


- Cette situation était pour le moins pitoyable, et je pèse mes mots. Je crois que personne n'en est sorti avec son honneur plus propre. Mais je m'étonne de vous voir concernée par cela. Qu'est-ce donc qui vous inquiète à l'Hospital ? Et comment puis-je ne pas donner tort à la rumeur ? Dites-moi tout cela...

Il ne poussa pas plus loin, d'autant que dans son esprit les souvenirs concernant l'ordre se bousculaient. Il avait connu, on peut dire de l'intérieur, les premiers temps de cet ordre qui n'était pas encore royal et en avait toujours suivi, de loin en loin, les aléas de l'existence, hormis lors de son « absence ». Des aléas qui n'avaient pas été sans susciter, et souvent à raison, des rires amusés, pour ne pas dire plus, de nombre de ses frères d'armes ou, soyons de bon compte, de certaines Amazones et non des moindres. Mais plus résistant encore que le chiendent qui ne veut pas se laisser déraciner, l'Ordre avait résisté et se trouvait toujours aujourd'hui présent. Qu'est-ce donc qu'il s'y passait pour que la jeune fille pense que lui, le Grand Escuyer, puisse y remédier ? Comme lorsque le chevalier des Pyréenées avait été trouvé un autre Grand Escuyer pour remédier aux troubles d'alors. Un Grand Escuyer qui alors n'était autre que la mère – certes adoptive – de la Normande. Le monde était décidément bien petit...

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Perrinne

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 22/10/2012

MessageSujet: Re: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   Jeu 25 Oct - 10:25

La plume continuait son bonhomme de chemin, caressant là une joue, là un menton, là la veine qui battait plus délicatement dans son cou, tandis que la demoiselle levait son regard innocent où demeurait néanmoins un éclat de malice vers le chevalier resté debout pendant sa réponse.
Debout et imposant, mettant là une distance et une supériorité qui ne lui plaisait pas. On eut dit un père sévère et froid faisant la lecon. Sa main se tendit dès lors en direction d'un des sieges non loin.


Vous ne prenez pas place ? Certes les accoucoirs de ce fauteuil semblent bien rembourrés mais peut etre pas assez pour vous, vu le confort qui domine dans cette piece...

Bon sang ne pouvait mentir, encore moins quand on était la fille d'un homme qui avait su charmer toutes ses conquetes, les laissant sans déceptions aucunes, quelque soit la furtivité parfois des étreintes échangées. Innocente ou pas, selon qui écoutait ou voulait entendre, son verbiage était de ce fait empreint de cette continuelle ambiguité que le paternel avait développé chez les enfants qu'il avait longuement cotoyé et dont elle faisait partie étant des plus agés de leur équipe de soule familiale. Ambiguité qu'elle devait néanmoins retenir quand elle se trouvait à Saint-Antoine.

Je n'oserais croire que c'est pour jouir d'un meilleur point de vue, ce serait bien inconvenant de votre part.

Si ca, ce n'était pas un direct, non du droit mais de la langue...
Mais aussitot sa sortie donnée, elle reprit sa mine angélique, comme de rien, et le fil de leur échange initial. Que le flamand en tire les conclusions qu'il voulait, en attendant, il était là, et il pourrait peut etre par leur échange l'éclairer vis à vis des nombreuses questions qu'elle se posait sur la chevalerie et son ordre.


Reprenons par le début.
Vous n'etes pas sans savoir de qui je tiens ma formation. Elle avait néanmoins des avis très tranchés, voire peut etre trop....
Toujours est-il que le tableau acide qu'elle avait dressé de la chevalerie et des Ordres Royaux quand elle portait les épées que vous avez maintenant aux hanches, est finalement toujours d'actualité semblerait-il. J'ai relu ses notes, pour tenter d'y trouver une réponse. Las...
Voyez vous, j'ai très longuement hésité avant de rejoindre un Ordre quel qu'il fut. Vous vous en doutez, la Licorne avait mes faveurs. Néanmoins, j'avais également quelques connaissances au sein de Hospitalier. Et après qu'on m'ait assuré que cet ordre avait changé et que les défauts qu'on lui connaissait n'était qu'histoire ancienne, je l'avoue, j'ai craqué devant une carotte appétissante.
Je pense que vous en devinez la nature...
Malheureusement, la réalité est tout autre. Oh pas celle dela carotte. Le reste.


Durant ces quelques phrases, son regard s'était déporté vers les flammes dans l'atre. Dissimulant le regard, l'expression. Ce n'est qu'à la fin qu'elle tourna à nouveau la tete vers le chevalier. Et à ce rythme, elle aurait droit à un bon torticolis d'ici la fin de l'échange. C'est qu'il était grand, et qu'à chaque fois, passer son regard de bas en haut, de ce qui etait à hauteur de ses yeux jusqu'à la racine du crane du flamand, meme en le faisant avec toute la lenteur possible, ca finirait par avoir des effets facheux...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Guillaume_de_Jeneffe
Duc de Saint-Ouen
avatar

Nombre de messages : 186
Date d'inscription : 12/04/2008

MessageSujet: Re: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   Jeu 25 Oct - 19:01

Le doute n’était – enfin, diront les impatients – plus permis. La Gisors évoquait bien la chair, et avec une crudité de langage qui frôlait sans la franchir la frontière de la convenance. Intérieurement, le chevalier sourit. « On ne joue pas seule, jeune fille, et une fois la partie ouverte, qui sait où elle nous mène ? » se dit-il tandis qu’il affectait de conserver un visage impassible maintenant qu’elle avait reporté son attention sur l’Ordre. Traiter de l’Ordre… oui, voila bien une façon de faire qui lui plaise… Avancer sur deux fronts en même temps en ne parlant que de l’un d’entre eux. Le défi était à la hauteur de ses envies de joutes verbales.

Tirant à son tour une chaise pour n’être séparé de son interlocutrice que d’un petit mètre, il s’y assit, prenant tout son temps avant d’enfin répondre.


- Damoiselle, avant de m’asseoir, il me fallait m’assurer que votre position n’était point inconfortable et qu’il ne me fallait pas agir pour l’améliorer. Ce qui, étant le cas, me permet de répondre à vos interrogations les plus… personnelles dirons nous.

Se massant le menton comme le fait celui qui tente de remettre ses idées en place, il prit encore quelques secondes avant de poursuivre, comme s’il tentait de ménager son effet…

« Devinez la nature des choses, dès lors qu’elle tient à l’existence des Ordres de chevalerie et à celle de leurs membres, voila bien ce que je m’efforce de faire depuis ce jour lointain où j’ai succédé à la duchesse d’Estouteville. Je pense donc, ici, la pénétrer comme il convient. Certains… usages ou habitudes semblent se dresser comme autant d’obstacles sur l’avancée de ce présent dont on vous a fait l’éloge, sur cette appétissante carotte, si je vous entends bien. La question à laquelle vous me voulez voir répondre devrait donc être la stratégie à même d’abattre ces obstacles. Pour cela, je voie deux voies possibles : l’élimination ou la marginalisation. Cette dernière peut mieux passer aux yeux de certains. Il vous faut identifier les éléments perturbateurs, les gênes, les inutiles et les réduire au quasi-silence, à n’avoir plus de valeur aux yeux de quiconque, ou uniquement à ceux d’un très petit groupe de personnes, sans pour autant les faire disparaître. Et de la sorte, les arguments que l’on vous oppose n’auront plus une once de crédibilité, au point que l’on n’y fera plus jamais attention. Évidemment, cela peut prendre plus ou moins de temps, en fonction de la virulence dudit obstacle… »

Posant cette fois le regard sur Penthésilée, la reine guerrière, il enchaîna avec la seconde solution.

« Il est aussi possible d’être plus radicale. D’énoncer ce qui doit être éliminé et de le faire manu militari. D’interdire ou d’obliger certaines pratiques. Réussie, cette manœuvre permet d’obtenir ce qu’on désire sans trop tarder. Mais si vous échouez, votre nom sera souillé pour une très longue période. On vous reprochera tant et plus, en vous enviant parfois d’ailleurs d’avoir eu le courage d’agir. L’être humain est ainsi fait, j’en ai bien peur… »

Pour le coup, il avait été très sibyllin. Trop ? Cela restait à voir…

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Perrinne

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 22/10/2012

MessageSujet: Re: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   Jeu 8 Nov - 16:29

En guise de manoeuvre d'approche, c'est d'espacement qu'il fut plutot question. D'un pied, voilà le chevalier qui s'éloignait...d'une jambe. Ne mesurant guère avec précision les portées et des mots et des membres, elle le regarda faire, rassemblant tout autant ses idées et ses jupes, redressant buste et tete.

Inconfortable ? Bien sur qu'elle l'était ! Si ce n'était le cas, elle ne serait pas venue le trouver. Et tandis qu'il partait dans une loghorée philosophique, elle craignit un moment s'etre fourvoyée en pénétrant ainsi dans l'antre privé du récent duc. Etait-ce là vengeance de sa part que de partir en réflexions pour le moins surprenantes quoique toujours guerrières, tentant par là de perdre la jeune blonde dans sur certains méandres du fleuve ainsi créé ? Néanmoins, - qui l'eut cru - appliquant une méthode tenant du dogme pour ceux qui avaient recu formation semblable à la sienne, elle s'arreta sur ce qu'elle voulait bien entendre ou comprendre.

Une moue accompagnant sa réflexion, elle suivit le regard du flamand se portant sur l'amazone guerriere. Las, le cas présent, elle ne se sentait guère Penthésilée ni meme Hypolyte, quant à se prendre pour Esther, il y avait là une marge qu'elle était loin de maitriser.

Point tant d'obstacles me semble-t-il. Un très léger avant-gout n'a fait que renforcer mon envie de prolonger mes apprentissages pour l'atteindre. Qu'il se fasse en solitaire, auprès d'eux ou auprès d'autres.

Un soupir passa au travers de ses levres tandis que machinalement une meche rebelle balayant son regard reprenait place à l'ourlet de son oreille.


Elimination ou marginalisation dites vous...
Aucune des deux issues et voies ne semblent pouvoir convenir.
Je fais face à des fantomes du passé que d'aucuns usent et abusent en guise d'épouvantails mais dont ces memes marionettistes reproduisent les schémas pourtant.
Je suis face à des dilemmes quant à des lois et règles approuvées mais inapplicables et qui en l'état protègent ceux qui abusent.
De ces deux là, il en devient impossible d'éliminer le problème car les bons acteurs se complaisent en pantomimes dont ils sont les metteurs en scenes.
Quant à les marginaliser, si cela suffisait, mais non. C'est justement parce qu'ils sont marginalisés que cela pose problème.
Ces silences, ces non-dits...
Aristote, n'est il donc jamais possible d'etre honnete et clair ? Biaiser et profiter est il donc la règle incontournable ?
Est ce donc cela qui rime avec porter l'épée et la dresser ... quand bon nous semble ?


Pour le coup, elle semblait bien dépitée la donzelle.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Guillaume_de_Jeneffe
Duc de Saint-Ouen
avatar

Nombre de messages : 186
Date d'inscription : 12/04/2008

MessageSujet: Re: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   Ven 16 Nov - 16:20

Visiblement, il avait été trop sibyllin car la conversation s’était ensuite uniquement orientée sur l’Hospital, même si l’évocation de l’épée dressée pourrait laisser planer un doute à ce sujet. La jeune fille avait abandonné le ton ambigu qui avait jusque là été le sien pour ne plus laisser voir qu’un désespoir certain. Déception de celle qui doit jouter contre de moulins à vent ou déplacer des montagnes avec ses deux seuls bras. Découragement de la jeunesse face à de usages qu’on dirait immuables. L’Hospital n’était donc pas encore débarrassé de ses anciens démons qui avaient tant fait contre lui et tant fait pour les autres Ordres, le chevalier en était persuadé.

Aussi, sans plus de traces de gauloises pensées en tête, il approcha sa chaise de la Normande dont il prit les mains entre les siennes, comme pour y insuffler une énergie qu’Aristote seul sait comment nourrissait encore celui qui pourrait être un vieillard.


- Damoiselle, je pense, j’espère qu’il n’est aujourd’hui pas plus difficile qu’hier d’être honnête et clair. Mais je suis également persuadé que d’aucuns sont encore à cette heure aussi réticents à ces vertus qu’ils l’ont été de tout temps. Et à vous écouter, je crains qu’en effet il soit difficile d’œuvrer ainsi que je le conseillais. Car si les lois protègent ceux qui sont indispensables à leur modification, je vois effectivement mal comment elles pourraient être changées… La dernière solution reste la purge, avec l’élimination définitive et arbitraire des mauvais éléments. Elle est permise par les textes et la coutume, mais elle amènera avec elle de réelles complications. Certains vont fuir, sous de bonnes ou mauvaises raisons, et vous vous retrouverez exsangues.

Dieu qu’elle semblait perdue et qu’il se sentait désarmé face à cette situation. Car, s’il comprenait et connaissait fort bien la situation qu’elle évoquait, il n’avait jamais eu à prendre des mesures aussi radicales que celles qu’il évoquait, du moins pas à aussi grande échelle, les – rares – sanctions dont il avait été l’auteur ne concernant pas des personnages combatifs.

« À moins que… à moins que… que voulez-vous dire par « quand bon nous semble » ? Certains feraient-ils, autrement que par leur comportement, défaut à leur serment de servir l’Ordre quand celui-ci part en campagne ? »

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Perrinne

avatar

Nombre de messages : 8
Date d'inscription : 22/10/2012

MessageSujet: Re: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   Mer 5 Déc - 0:25

Jeux de jambes, jeux de mains.... jeux de vilains ?
De distance, il n'y avait plus. Tout du moins dans le geste. Le Flamand, plutot coutumier d'écart et propos de qualité certes et posant espace entre lui et vous, s'était approché. Tel un père quasiment. Sauf que lorsque l'on a eu pour père le Gisors fondateur, "père" pouvait prendre un sens bien moins anodin. Et quand le dernier qui s'était présenté avec figure paternelle avait tourné casaque, on pouvait s'en inquiéter encore plus. Pas de deux sans plus, j'avance, tu recules, tu recules, j'avance, tu avances, je recule. Drole de danse en plus, quand de mots uniquement il est question, uniquement de mots, ou quasiment. Drole de volte tout autant quand sur quelques phrases, nouveau ton et nouveau rythme s'avancent, désarconnant encore, celle que le geste et les mots troublent à l'envi des réflexions qui assaillent son esprit.


Chevalier, avez vous déjà vu ces femmes qui dans le poulailler, d'un coup de hache, décapitent les coqs audacieux et les poules qui ont trop ressassé et ne produisent plus ? Avez vous déjà vu la ridicule danse de ces corps qui se dandinent sans plus ni route ni grace ? Voilà l'image que vos propos font germer dans l'esprit et la réflexion qui sont les miens. Du moins l'étaient jusqu'à cette fable incongrue. N'eut été la morale, qui circonvient mes espoirs, voir les ensevelis sous le poids des coutumes et traditions bien trop ancrés.

Allez savoir pourquoi, blonde chevelure surement, l'image grandit, enfla, occultant le marasme et eut-elle été en cercle familial, une imitation de la poule cherchant un vers frémissant mais n'ayant ni bec, ni repères pour pouvoir l'appréhender, le saisir et le déguster, aurait démontrer son propos.

De cercle il n'y avait pas, mais l'idée chassa le marasme et la fatalité fit son office, quand il lui fallut confirmer le constat que le changement ne pouvait finalement exister si les racines du mal existaient toujours. Or que par les valeurs défendues, nul suppression de vie ou d'ame ne pouvait etre envisagées.

Qu'importe au final ? Quand meme le suzerain ne souhaite pas que soit rempli le serment vassalique, qui pourrait le lui reprocher. Il est dans son droit, meme si le droit est passé par la serrure.
Que j'envie finalement les communautés où les nuances sont plus mesurées. Mais ainsi va la vie. Tout n'est pas toujours ce qu'il parait n'est il pas ?


Les émeraudes gisoriennes se fixèrent, sur les mains, sur les traits, tandis que continait la poule de dandiner....
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Guillaume_de_Jeneffe
Duc de Saint-Ouen
avatar

Nombre de messages : 186
Date d'inscription : 12/04/2008

MessageSujet: Re: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   Mer 26 Déc - 14:40

Levant les yeux à l’évocation du suzerain qui renonçait aux devoirs dus par ses vassaux, tant parce qu’il savait combien cette situation pouvait être rencontrée que parce qu’il la regrettait, le Flamand écoutait la parabole de la Normande. Et croyait y discerner la seule métaphore de la situation hospitalière. Toute seconde lecture lui échappait désormais, et ce malgré la dernière question rhétorique qui lui avait été adressée. Se massant un instant la mâchoire, comme pour se donner plus de contenance – mais en avait-il vraiment besoin ? –, il prit une légère inspiration avant d’enfin répondre à son interlocutrice.

- Lors même que le suzerain refuserait le service, ou laisserait croire qu’il le refuse, ce qui peut parfois avoir lieu, ceux qui ont fait serment de le servir n’ont pas à renoncer pour autant à leur engagement. Qu’il veuille ou non de leur aide, il est de leur devoir la fournir, encore et encore. La défaillance de l’un ne peut justifier celle des autres, sous peine de laisser s’effondrer un édifice plus grand que nous, et que nos pères ont aidé à bâtir. Et… et si cela doit passer par des babillages de poulets désoeuvrés et étêtés, ma foi, je ne pense pas que l’on puisse ou doive s’en plaindre. D’autant que, dans ma lointaine jeunesse, l’on me répétait que les omelettes ne se faisaient jamais sans briser d’œufs. Le bien et le bon passent ainsi souvent par des phases de danger, de crises ou de plaintes. Mais c’est bien pour cela qu’ils sont Bien et Bon et non facilité et mesquinerie.

Ramenant son regard qui s’était attardé sur l’une des fenêtres de la salle sur la jeune fille, il la couva un instant de ses deux azurs. Était-ce la connaissance de son ascendance qui lui faisait y deviner les traits et la détermination du Gisors et de la Breuil ? Ou était-ce le fait qu’il la côtoyait depuis maintenant bien des mois, que ce soit à Saint-Antoine ou au Louvre ? Il ne parvenait lui-même à en être certain, au vrai, et cela le gênait, au fond. Comme s’il avait failli à vraiment la connaître.

« Le risque étant, lorsque l’on est une jeune fille, d’effrayer les mâles vous entourant par votre caractère bien trempé. Même si j’aime à penser que seuls s’esbaudissent ceux qui ne cherchent qu’une épouse pour garder leur foyer bien au chaud et non ceux qui désirent une épouse en qui trouver soutien, confiance et capacité d’agir. Notez que c’est d’ailleurs l’offre que l’on m’a récemment faite. Celle d’une épouse qui se contenterait de rester en mon castel, de m’y accueillir, tant que je ne sois trop regardant quant à sa… bref, je m’égare ».

En disant cela, il avait laissé passer quelques soupirs, comme pour marquer combien cette proposition l’avait dérangé et combien il s’était toujours vu à cent lieues d’une telle … « union ».

_________________
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé




MessageSujet: Re: Salle de travail ? C'est pour travailler ?   

Revenir en haut Aller en bas
 
Salle de travail ? C'est pour travailler ?
Revenir en haut 
Page 1 sur 1
 Sujets similaires
-
» adresses msn pour travailler les plannings
» [verrouillé] Température minimum exigible pour travailler?
» Je cherche des documents pour travailler la lecture à haute voix avec des 6èmes
» Y-a-t-il une bibliothèque/salle de travail au Collège Sévigné?
» Cahiers ou classeurs pour travailler

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Manoir de Saint-Ouen près Paris :: Le Manoir :: Premier Etage :: Salle de travail-
Sauter vers: