Manoir de Saint-Ouen près Paris

Centre du duché et ancien siège de l'Ordre des chevaliers de la Noble Maison de Saint-Ouen et de l'Etoile
 
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 Renaix visite Saint-Ouen (la suite)

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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Renaix visite Saint-Ouen (la suite)   Mar 29 Déc - 19:03

Suite de ceci.

Pour un temps, Guillaume était resté au centre de la cour. Il opina aux remarques de son invitée sur les tenues et le vinaigre. De cela, il ne fallait guère le convaincre, ayant plus qu'à son tour recouru à ces stratagèmes dont se délectent les bourses des tailleurs, parisiens comme flamands. Il avait un état à assurer et cela passait, outre par un service armé presque ininterrompu, par une apparence soignée. Allez inspirer le respect quand vous êtes habillé comme un sac... Bien qu'en ce moment, Malycia inspirait autre chose que du respect au chevalier. Qui ne put s'empêcher de répondre par un clin d’œil complice au murmure de cette dernière. Silencieux mais sans doute plus loquace que des heures de discours des maîtres en droit de l'Université.

Deux discussions y aurait-il donc, à en croire cette entame. Une innocente, ou à tout le moins audible par d'éventuelles oreilles curieuses, et une autre qui leur serait celée, réservée aux seuls protagonistes de la pièce qu'ils écrivaient. La suite ne détrompa guère le duc. Tout au plus eut-il le temps de glisser un rapide :
« Oh, une forteresse, que non point, un hôtel fortifié, tout au plus. Il n'y a guère de véritables remparts ni de fossés dignes de ce nom ». L'Île de France n'avait plus, depuis longtemps, été menacée par une invasion, et Saint-Ouen l'illustrait à sa façon. Mais cela n'était guère le plus important.

Aussi embraya-t-il à la proposition qui lui était faite :
« Ce n'est certainement pas indispensable. Mais je gage que nous serions mieux ailleurs qu'ici pour discuter de ce qui vous conduit dans le fief d'un des plus indécrottables royalistes que la France aie jamais porté ». Et, sans un mot de plus, il la conduisit, en quelques pas, à la grande salle de réception du rez-de-chaussée. Il en avait fait réduire l'espace par la suspension de tapisseries aux motifs floraux – de bonne facture encore que moins remarquables que celles qui garnissaient les chambres – qui encadraient la porte d'accès et la cheminée monumentale où le bois crépitait, dégageant une chaleur bien agréable en cette neigeuse fin d'année. Après avoir amené l’Épineuse à la chaise sur laquelle l'attendait un confortable coussin, Guillaume rejoignit la sienne, elle aussi simple ais solide dans sa façon.

« Or donc, puisque nous faisons l'économie des banalités d'usage, je ne peux qu'écouter ce que vous ne vouliez me dire par écrit ? »

Pour une fois, et à son grand plaisir, il n'aurait pas à entamer les hostilités par d'oisives circonvolutions. Ce serait à son interlocutrice de découvrir son jeu, où à tout le moins une partie de celui-ci...

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Dernière édition par Guillaume_de_Jeneffe le Lun 4 Jan - 23:49, édité 1 fois
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Malycia

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MessageSujet: Re: Renaix visite Saint-Ouen (la suite)   Lun 4 Jan - 21:21

Sans rien ajouter pendant l'intermède du passage de la cour au salon, elle l'avait suivi lançant un regard à droite et à gauche découvrant la décoration des lieux, austères mais qui ne manquaient parfois d'un certain raffinement, les tapisseries y étaient pour beaucoup.
Son fessard se posant sur le coussin qu'on lui désignait, elle gigotait cherchant sa place ou plutôt à amasser le tas de tissus qui l’encombrait une fois de plus, marmonnant entre ses dents quelques jurons inaudibles pour son vis à vis qui lui même prenait place.
Quelle diable d'idée elle avait eu là, il faut souffrir pour être belle, lui disait une voix tout bas..bon sang autant venir nue l'effet aurait été aussi efficace.
Quand enfin elle pense avoir maitrisé ses jupons, elle relève son regard vers le maitre de maison et reste un instant bouche cousue.
Ah ma fille, lui redisait cette petite voix (je vous assure qu'elle n'est pourtant pas schizophrène) tu ne voulais pas en passer par les banalités, alors vas y lance toi maintenant..oui mais....


Ah oui j'ai écrit ça? Ou comment noyer le poisson et gagner un peu de temps.

A défaut de circonvolutions rhétoriques, c'en est une moins imagée dont elle fait preuve. A peine avait elle réussit à s'installer à la façon d'une noble dame habituée aux froufrous, qu'elle se lève et fait quelques tours dans la pièce, tantôt d'aller jusqu'à la cheminée feignant de s'y réchauffer les mains paumes en avant, tantôt de tâter du bout des doigts une tapisserie à la façon d'un expert.
Et de se tourner vers Guillaume, sur un ton des plus sérieux.

Sont ce des tapisseries flamandes au moins?
J'avoue, c'est pas encore ça, mais elle peut faire mieux.

Lâchant la dite tapisserie, c'est autour de lui qu'elle se met à faire ses pas, un doigt frôlant ses épaules quand enfin elle s'arrête et y pose sa main.

Bien...autant ne pas prendre de détour vous savez le pourquoi de ma venue.
Ai je à vous le redire de vive voix?
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Renaix visite Saint-Ouen (la suite)   Mar 5 Jan - 0:21

Finalement, alors même qu'elle disait ne pas vouloir tourner autour du pot, la Flamande semblait chercher à retarder l'inéluctable. « Étrange jeune fille », songea Guillaume. « Elle dit vouloir aller au fait et la voici qui me parle de tapisseries. Certes je sais qu'elle ne doit pas y attacher tant d'intérêt que cela, mais ça n'en reste pas moins cocasse. Pour la taquiner, ne ferais-je pas glisser la discussion en cette direction ? » se demanda-t-il même. Mais ce fut en vain car rapidement les choses venaient de changer. C'était lui qui devenait le centre de ses boucles, au point de même ressentir d'éphémères contacts. Il conservait tout son calme, sans qu'au vrai ce ne soit difficile pour lui. Il n'avait, comme un capitaine qui avait habilement disposé ses compagnies, qu'à attendre que l'on avance vers lui, protégé par la sécurité de sa position défensive.

Ce repos de l'esprit lui permettait d'arranger les bataillons de mots qu'il devrait bientôt, il le savait, malgré son manifeste manque d'empressement à prendre la parole, lâcher en rangs serrés, voire en vagues successives. C'est que les deux nobles se connaissaient fort bien et n'en étaient guère plus aux escarmouches. Si l'on ne pouvait parler de batailles entre eux, ils avaient déjà assez vigoureusement éprouvé leurs forces respectives pour comprendre que seuls les arguments les plus forts et les plus lourds auront ce jour voix au chapitre.

Et en parlant de voix, c'est celle du maître des lieux qui était désormais appelée. Après que son invitée ait ouvert les débats. « Elle sait mieux faire, pourtant, que ces quelques mots », pensa Guillaume en réponse à cette question qui n'en était guère une. Remontant lentement son regard de la main qui était maintenant posée sur son épaule aux yeux de son interlocutrice, il orna son visage d'un sourire engageant. Puisque l'on en était à repousser les faux-semblants, autant ne pas laisser poindre l'ombre d'un doute sur sa propre honnêteté, non ?


- Que non point. Vous désirez m'épouser. Cela est d'une clarté limpide. Vous me jugez seul à votre hauteur en nos terres de Flandres. C'est me faire beaucoup d'honneur mais pour distinguer les hommes sur ce qui en fait des époux convenables et désirables, je m'en remets à votre jugement. Mais vous me disiez également vouloir aborder d'autres points avec moi, oralement, sans le véhicule de l'écrit qui, je ne le sais que trop, est parfois capricieux ou source de mécompréhension. Quand le courrier qui a mission de le transporter ne se fait pas détrousser en chemin.

La première salve de traits avait été lâchée. Un échauffement, tel pouvait-elle paraître. Mais dans l'esprit du chevalier, il s'agissait de plus. De délimiter le cadre de l'échange qui suivrait, de déjà lui donner un axe, une direction. Restait à voir si celle-ci serait suivie jusqu'au terme de l'engagement. Terme de l'engagement dont Guillaume ne parvenait pas encore à distinguer les contours...

« Or, ces autres points, qui me semblent devoir décider de bien des choses dans nos avenirs, quels peuvent-ils être ? Sont-ce les futurs héritages qui vous inquiètent ? D'ailleurs espérez-vous de moi un ou plusieurs héritiers ? À moins que ma proximité avec Paris et la Couronne ne vous inquiète ? Je ne ferai sans aucun doute guère l'unanimité parmi tous vos proches... »

L'avant-garde venait d'entrer au contact. C'est maintenant que la réponse, que la riposte, devait arriver. Calme comme avant une joute, le chevalier attendait, sentant toujours une main posée sur son épaule.

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Malycia

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MessageSujet: Re: Renaix visite Saint-Ouen (la suite)   Mar 5 Jan - 23:54

Il est vrai que question tapisserie elle n'y connaissait rien, mais elle avait ce côté chauvin qui l'empêchait de trouver du beau ailleurs que dans ses chères Flandres, et ce n'est pas Guillaume qui irait la contredire, n'était ce pas d'ailleurs un des rare point qui pouvait les unir....D'ailleurs en parlant d'union le sujet brulant pour lequel elle s'était déplacée venait directement sur le tapis, en même temps qu'elle tournait autour du pot, et de pot il ne s'agissait de l'expression, que non, mais de celui derrière lequel elle se trouvait.

Au sourire qu'il lui offre, elle se détend enfin et se sent prête à parler librement et surtout en toute sincérité, ranger ses armes habituelles même si à leurs sempiternelles joutes elle savait qu'il en appréciait le sel, comme tout homme d'armes chaque passe avec son adversaire rendait le combat plus intéressant, qu'importait qui en serait vainqueur, le plaisir du jeu primait.
Elle était maître en la matière, mais face à Guillaume elle s'était souvent trouvée désarmée, un peu comme aujourd'hui où elle était en situation d'attaquant mais ne trouvait aucun argument pour entamer le combat.
Sa main quitte son épaule et la pointe de son index se met à glisser lentement le long de sa nuque.


C'est un désir qui me titille depuis quelques temps, quand exactement je ne saurais dire, à croire qu'une vibration intérieure est venue me chatouiller les entrailles en me criant, c'est l'heure!

Son doigt interrompt soudain sa course, elle se mordille l'intérieure de la lèvre avant de continuer ce qu'elle a commencé, il lui permet de s'exprimer sur ses raisons profondes, alors allons y!

Vous savez que j'ai du ravaler ma fierté en vous faisant cette demande, mais je n'ai jamais été une fille ordinaire, du moins je me plais à le croire alors plutôt que d'attendre qu'un noble argenté se propose de m'épouser uniquement dans le seul but d'agrandir ses propriétés j'ai préféré prendre moi même la décision et vous choisir vous.

Un battement de coeur vient la surprendre, et bien loin de son habituelle façade elle continue de dévoiler ses cartes, d'un pas de côté elle le contourne et vient directement basculer sur ses genoux, après tout ils ont déjà partagé la même couche il n'y verra rien d'outrageant.


Dans vos bras, contre vous je me sens protégée, je n'ai que faire d'héritages, je n'ai pas spécialement besoin d'argent, ni de terres supplémentaires, quant à mes proches auprès de qui vous ne feriez l'unanimité, je crains qu'ils ne soient plus très nombreux, voir même inexistants.

Son bras s'enroule autour de l'épaule du chevalier, car à ses yeux il sera toujours ce chevalier qu'un jour elle croisât au détour d'une taverne, et sans même le voir venir avait succombé à son charme.

Le point qui a mes yeux est certainement le plus important...ses billes noires le scrutant, c'est sans contexte les sentiments que j'ai toujours éprouvé à votre égard...
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Guillaume_de_Jeneffe
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MessageSujet: Re: Renaix visite Saint-Ouen (la suite)   Mar 9 Fév - 0:22

En réponse à son premier mouvement, l'avant-garde avait vu venir la réponse. On n'avait, de part et d'autre, guère dégarni les premiers rangs et chacun y comptait parmi ses meilleurs champions. Les coups de la dialectique s'échangeaient sans fleuret moucheté ni lance courtoise. C'est que les deux généraux n'avaient pas pour but un Marignan de paroles mais bien une victoire rapidement emportée. Pas de manœuvre enveloppante – du moins pas sur le plan de la métaphore – ou de complexes contournements. On se livrait de face, et survivraient celui ou ceux qui sauraient résister. Nulle impossibilité, d'ailleurs, à ce que tous deux tiennent encore debout au soir du duel. Et la moindre des choses que l'on pouvait dire était bien que, en la matière, la Flamande n'avait pas lésiné sur l'artillerie. Plus renversants qu'une charge de chevalerie dévalant les monts d'Auvergne, deux traits avaient, coup sur coup, été décochés à l'attention du vicomte. Progéniture et sentiments, sans s'annoncer – mais on ne le leur demandait de toute façon pas –, s'étaient invités à la noce.

La riposte, toutefois, déjà s'organisait. En ordre et sans perturbation apparente. De son côté, Guillaume n'était pas sans profiter du spectacle qui s'offrait à lui, et se logeait même sur ses propres genoux, pour ne rien gâcher. La situation, certes, n'était pas absolument inédite et, de plus, il avait connu bien des discussions dont les contextes avaient tout eu pour tout objet que de le déconcentrer. Et, l'âge faisant, peut-être, il parvenait à séparer l'esprit du corps, affûtant l'un tandis que l'autre était laissé à son loisir, dégageant la chaleur humaine qui, sans doute, lui avait permis de ne jamais mourir gelé tout au long des années qu'il avait passé dans la terre du Lion de sable.


- En matière d'héritage, vous vous souvenez, je n'en doute pas, que j'eus le bonheur de recevoir une fille, Bérénice, de mon premier mariage. Saint-Ouen et Marchiennes lui reviendront, quoi qu'il m'arrive, ainsi que peut-être Wavrin. Mais puisque cela ne vous inquiète pas, c'est pour un mieux. D'ailleurs, si cela devait vous intéresser, vous le dites vous-même, il ne manque sans doute pas de potentiels prétendants pour vous fournir ce mariage et cet héritier dont le désir vous chatouille, dit-il en esquissant un sourire. Ce n'est pas là faiblesse que de l'admettre – quoique, affirmer cela n'était-il pas une façon de dire le contraire ? – mais bien honnêteté bienvenue. Même si je ne le peux comprendre, j'y ai trop été exposé pour ne pas le respecter. Je gage donc que vous désirez plus qu'un bâtard. Cela n'a pourtant rien de déshonorant, et les lois les autorisent désormais à hériter, en l'absence d'hoir légitime.

Et le chevalier de laisser le silence s'appesantir entre eux, gardant les lèvres entrouvertes comme pour poursuivre, empêchant ainsi son interlocutrice de lui reprendre la parole. Les deux avant-gardes sont désormais à bout de souffle, comme suspendues, se regardent dans le blanc des yeux, comme incapables d'abattre le prochain coup. C'est le moment où il décide de faire donner, progressivement, les forces de la bataille principale. Elles viendront par vague, et avec elle la peine et le sang, ou la joie et les rires...

« Ces sentiments, que sans doute nous partageons, quels sont-ils donc ? Je les entends évoquer, mais non nommer... Et peuvent-ils survivre à des discussions où nos points de vue, je le subodore, s'opposeront ?... »

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